Musique en ligne : le modèle gratuit en berne

Dans le marché difficile de la musique en ligne, que j’ai souvent traité sur le blog (il suffit de faire une recherche sur deezer ou last.fm), plusieurs évolutions sont apparues dans les derniers mois. Dans mes 2 derniers billets sur le sujet, j’avais en effet laissé l’histoire à la fusion de Wormee (Orange Labs) avec Deezer (via une participation importante dans Deezer) et publié une interview du fondateur de Deezer, Jonathan Benassaya il y a 5 mois : il y expliquait notamment pourquoi le streaming musical gratuit ne fonctionnait pas aux Etats-Unis.

Récemment, les évolutions suivantes sont apparues chez les 2 principaux services – Deezer et Spotify :

  • L’entrée au capital des majors dans les 2 acteurs : chez Deezer (faible part) et Spotify (part de 17 à 20 %)
  • La restriction importante des catalogues et la limitation du nombre d’heures en écoute gratuite : c’est maintenant limité à 5h / mois chez Deezer et 10h / mois chez Spotify Free (et 5 écoutes du même morceau)

Les revenus sont au coeur du problème : d’après Pascal Nègre d’Universal France, le streaming gratuit rapporte beaucoup moins par titre que le streaming payant dans les conditions actuelles. Il a donc intenté un procès à Deezer, qui continuait d’utiliser des morceaux malgré que l’accord commercial n’ait pas été renouvellé en Janvier – tout en mettant la pression pour réduire le catalogue disponible gratuitement. Ainsi, le modèle freemium – cher à de nombreuses start-ups – montre des signes d’essouflement dans le secteur musical.

In fine, Spotify a le vent en poupe cette année. Le service seraît en discussion avec Facebook pour servir de source musicale globale. De plus, il a levé 100 millions de dollars en Février auprès du fonds russe DST. Officiellement numéro 2 en Europe, et déjà en bonne position aux Etats-Unis, la start-up s’affirme de plus en plus depuis que Last.fm est sorti de la course, racheté par le puissant groupe CNet.

La morale dans cette histoire ? Les propriétaires de contenus et de catalogues digitaux ont plus que jamais un poids décisif dans l’économie du web et l’innovation. Mais nous avons déjà vu des rebondissements dans ce genre d’affrontement entre les distributeurs (les “possesseurs de tuyaux”) et les producteurs !

Sources : AllthingsD, Frenchweb

Qu’est-ce que la culture “Mainstream” ?

Cette semaine, voici une interview vidéo du journaliste Jean-Marie Colombani (ex-pilier du Monde) de Frédéric Martel, au sujet de son nouveau livre intitulé “Mainstream”. Le terme désigne tout autant la culture américaine qui formate le monde entier que la culture en tant qu’industrie… celle qui génère un revenu colossal à l’exportation pour les USA… Celle aussi, qui a crée le format “série” par exemple, que le monde entier plébiscite car une sorte de demi-film, plus court et facile à regarder, là où on veut et quant on veux. (Frédéric Martel y voit même un reflet des cultures et des tabous).

L’auteur décrypte donc la notion de Mainstream – avec respect de nos cousins outre-atlantique et ailleurs – car il a analysé pendant 7 ans le monde à travers son industrie culturelle : les majors américaines, arabes, asiatiques etc…

Voici la vidéo de l’interwiew, diffusée sur la chaîne Public Sénat :

C’est une étude plutôt sociologique mais qui s’étend à l’économie de fait, et qui traite aussi de l’impérialisme et ce qui fait la force de l’économie culturelle américaine, car il a vécu plus de 5 ans aux Etats-Unis. Cette réflexion est riche, car il est également producteur chez France Culture depuis plus longtemps.
Toute l’idée de son livre est parti de l’arrivée du multiplex (cinéma) et du shopping mall/mart (gros centre commercial de banlieue) dans sa petite ville du Sud-Ouest de la France 🙂 Qui s’est transformé en un voyage sur 5 continents passionnant, fruit d’une réflexion poussée et aboutie…

J’ajoute tout de même, que l’industrie du cinéma fait face à son plus grand conncurrent depuis 2 ans. L’industrie du jeu vidéo, dont la France tient une place importante dans le palmarès mondial grâce à UbiSoft, un des plus gros éditeurs de jeux vidéos dans le monde (en réalite “Ubi” construit ses produits en propres, les “blockbusters”, moitié entre France et Montréal, avec au moins 300 personnes de chaque côté de l’atlantique. Ils ont par exemple, récemment produit le dernier jeu “Assassin’s Creed” qui a fait un carton mondial, sur console et PC). Sans avoir d’étude chiffrée sous la main, je sais que le Chiffre d’Affaires de l’industrie du Jeu vidéo est supérieur à celui du cinéma depuis quelques années. Même si désormais les industries culturelles tendent à se compléter, le film étant un média de masse favorisant la diffusion d’une oeuvre.

Enfin, ce qui est intéressant dans cet interview vidéo, est que Frédéric Martel présente la notion de “soft power”. C’est-à-dire que l’armée, l’arsenal nucléaire et tout l’arsenal classique d’un pays, perd de sa valeur dans notre contexte actuel où la “soft power” (pouvoir doux) culturelle joue un rôle sur les moeurs dans le monde entier.

Apple ouvre son premier corner-shop français demain à Paris

Il y a fort longtemps, on parlait volontiers de lutte entre “brick & mortar” et “pure player” en particulier dans le domaine de l’ecommerce.
Pourtant, au fil des années les start-up ont commencé à comprendre l’utilité des emplacements physiques. Et les acteurs traditionnels à perfectionner leur présence sur le web avec des sites plus efficaces et utilisables.

C’est dans cette optique qu’Apple reproduira demain l’approche de Nespresso (marque qui au départ ne vendait en propre, que sur Internet) et bien d’autres en créant son 277ème (luxueux) corner-shop dans le monde, au 99 rue de Rivoli, dans la galerie commerciale du Carrousel du Louvre (Ier arrondissement). Projet ambitieux de 750 m², 150 employés y travailleront avec un stand dédié au service et support client express, assure-t-on du côté de la marque à la pomme. Deux autres ouvertures sont prévues en France d’ici l’été 2010.

Source : Apple ouvre sa première boutique en France

Premier livre sur le storytelling en français

J’en parlais il y a quelques temps ici-même ou ailleurs avec des confrères, le marketing ou la communication opérationnelle sous toutes ses formes (y compris l’emarketing) peut avoir besoin de raconter une histoire à ses contacts, ses clients, ses collaborateurs. Tout comme l’histoire d’une marque qui se construit avec ses clients. En effet, plutôt que de concevoir une campagne jetable, pourquoi ne pas capitaliser sur le temps et raconter une histoire brève, impliquante, qui évolue au fur et à mesure dans un scénario récurrent ?

C’est là qu’intervient la technique du Storytelling pour vous différencier, en vous aidant à structurer votre plume, campagne, ou message autour des ressorts d’un bon récit. Car en dehors des règles souvent strictes du copywriting, on sait naturellement et depuis l’enfance qu’un bon récit crée l’adhésion : Le Petit Prince ou les Fables de la Fontaine en sont de bien belles illustrations qui ont su largement dépasser leur apparence enfantine (ce sont encore des best-sellers de la culture française au niveau mondial). Et suivre une histoire est nettement plus intéressant qu’un banal message standardisé, vu et revu chez vous et tous vos concurrents.

Pour aller plus loin :
Blog du Storytelling

Les français plutôt fidèles à leur opérateur mobile

C’est le chiffre du jour, en 2008, 46 % des français étaient chez le même opérateur de téléphonie mobile depuis plus de 5 ans. Un immobilisme souligné par L’expansion, mais qui est assez proche de nos voisins européens. Toutefois, avec l’arrivée en 2009 de nouvelles offres, on peut penser que cette fidélité diminuera légèrement cette année.

Fait utile, l’ARCEP se dit officiellement favorable à l’entrée d’un 4ème opérateur mobile cette année. Qui risque donc d’être la bonne, pour un nouvel entrant sur le marché, l’opérateur Internet (FAI) Free (groupe Iliad) se plaçant depuis longtemps dans les rangs de l’achat de cette licence, mais le suspense reste entier…

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